Les forêts de Dracula

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Description


Le journaliste Nathan Archer se rend en Roumanie pour réaliser une enquête sur la mafia du bois qui sévit dans les Carpates. Au cours de son reportage, la situation dégénère et il se retrouve à fuir au beau milieu de la forêt. Il sera recueilli dans le manoir d’un homme mystérieux surnommé “le comte”…

 

Un thriller engagé écologiquement, sur fond de légende.

 

Extrait 1 :

C’est un soir de novembre C’est un soir de novembre. Mon avion se pose à l’aéroport de Bucarest. J’avance maladroitement parmi les voyageurs somnambules. Tous s’entassent dans le sas où les sacs défilent sur un tapis roulant. Je passe sans m’arrêter. Je voyage toujours léger, trop léger même, ce qui me vaut l’admiration de mes collègues autant que l’indignation de ma compagne. Mon Eastpack me suffit. L’essentiel, c’est de ne rien oublier de mémoriser. Je me dirige vers la sortie, celle où les taxis se font la course aux bas prix. Dommage pour 10 eux, mon chauffeur m’attend déjà. Un peu plus loin, le correspondant de la rédaction me fait l’honneur d’une Audi noire aux courbes sportives. Il m’a vu. Il descend et me serre vigoureusement la main. — Vasile, correspondant roumain du Citadin éclairé. Heureux que tu sois là, Nathan Archer. Je sais déjà qui il est. J’ai vu son nom dans un reportage sur les églises fortifiées de Roumanie, qui lui a valu un prix d’écriture interne à notre rédaction. Malgré mon maigre bagage, Vasile prend la peine de m’ouvrir le coffre. Puis, nous prenons la route en direction de la capitale. 11 Les grands pins noirs qui bordent la voie sont tels des ombres, et je jurerais que Vasile accélère pour qu’ils ne nous engloutissent pas. Peu à peu, l’Audi roule vers la civilisation. Les habitations se font plus denses, la circulation plus régulière. Je suis scotché à la fenêtre pendant que Vasile gratifie Paris de mille éloges. Il me raconte son important dilemme d’enfant franco-roumain, lorsqu’il a dû choisir de suivre l’un de ses deux parents après leur séparation. Il a fini par rejoindre sa mère ici, au pays vert. Je n’ai pas la suite de son histoire, mon oreille se fait un peu distraite ce soir. Après une circulation compliquée, Vasile se gare enfin devant un immeuble haussmannien. Hormis l’architecture de ce bâtiment, je suis 12 occupé à chercher les ressemblances entre nos deux capitales puisque Vasile insiste fièrement sur le surnom de « Petit Paris » dont on affuble Bucarest. — Voilà ton hôtel, lance-t-il ravi. Il me fait comprendre aussitôt que ma nuit dans ce quartier branché sera courte. Enfin seul, je décide quand même de me promener parmi les fêtards. Je m’imprègne de l’ambiance. Je la goûte sans y toucher, cela m’aide toujours à m’endormir. Je réfléchis à la raison de ma venue dans ce pays à l’autre bout du continent européen. L’enquête que l’on m’a confiée n’est pas des moindres. Élise a beaucoup grondé avant de me laisser partir pour cet état qu’elle estime 13 appartenir au tiers monde. Je ne l’écoute pas souvent sur ces questions. À peine une semaine plus tôt, mon amoureuse ne savait même pas que la Roumanie faisait partie de l’Union européenne. Elle en est le pays le plus pauvre, certes, mais n’a-t-on jamais vu le petit dernier de la classe se révéler des années plus tard, après avoir trouvé sa voie ? Rien n’y fait, Élise a piqué une de ses colères noires qui rendent si beau son visage. Je me suis abstenu du compliment. Je ne tenais pas à m’attirer ses foudres de plus belle. Je me suis contenté de m’excuser. J’ai aussi promis que sans doute – peut-être – il était probablement possible – que ce soit la dernière fois que je la laisse seule ainsi. Elle ne s’est pas 14 déridée. Je crois qu’elle commence à avoir l’habitude de mes réponses et il faudrait qu’un jour, à défaut de changer, je songe à trouver d’autres excuses. Mais il faut qu’elle sache que je suis toujours sincère au moment précis où je promets. Seulement, ce métier, il m’a choisi. Élise aussi, et c’est bien la raison de ma peine. Loin du terrain et de l’aventure trop longtemps, je me morfonds. Mes jours deviennent gris et je tourne comme un loup en cage. C’est à ce moment que l’on me propose une enquête, un truc dangereux, dans un pays peuplé de vrais loups, mes semblables. Comme ici, en Roumanie. Je laisse Élise, dont la colère, non sans m’attrister, ne modifie pas ma trajectoire. Alors je me retrouve comme aujourd’hui, à 15 arpenter des rues inconnues, frôler des gens dont je ne comprends pas la langue, savourer d’être un habitant du monde, si vaste, si différent.

 

Auteur : Raphaëlle Eviana

Référence : DRA101B

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Format : Broché

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